Stratégie

Les ressources inexploitées de la colère

Crédit photo : Skeeze (pixabay)

Nous associons souvent la colère à une émotion négative, un état émotionnel parfois destructeur pour soi et notre entourage. Ce débordement peut nous envahir au point de nous faire perdre le contrôle de nos pensées, de nos actes et de notre attitude.

Cette émotion vive est mal vue par l’extérieur et donc souvent réprimée. On peut y voir aussi de la faiblesse car il est facile de se laisser emporter par elle. Forts sont ceux qui la maîtrisent et qui réussissent à s’en servir comme une force. D’ailleurs des grands hommes, tel que Martin Luther King Jr., ont pu réaliser de grands changements grâce à leur niveau de colère. 

La nier serait une erreur car toute émotion de colère réprimée est comme un lion affamé qui dort en nous. Le réveil sera d’autant plus brutal.

Avant tout, il est important de se rappeler que nous faisons tous de notre mieux avec notre niveau de conscience. Cet article a pour vocation de vous ouvrir un nouvel angle de vue.

La colère, un signal émotionnel.

Nos émotions, sont des signaux de ce qui est important pour nous. Elles contiennent donc un message que nous devons élucider. Elles sont comme les témoins lumineux du tableau de bord de notre véhicule. Si nous les ignorons, notre voiture risque de tomber en panne.

Récemment j’ai été confronté à cette émotion vive par le biais d’un proche. Je n’ai pas compris sa réaction, alors que je venais tout juste de lui exprimer un ressenti, avec calme et authenticité. Et en un instant, la connexion et la communication entre nous furent rompues.

La plupart du temps, la colère coupe le lien de nos besoins et de ceux des autres. Elle nous enferme dans l’expérience, dans notre mental et notre fureur. Nous pensons que la cause de notre colère est son déclencheur. En réalité, c’est beaucoup plus complexe que ça. 

Cause et déclencheur, qui de vous deux ?

Une prise de conscience fondamentale à faire est la distinction entre cause et déclencheur de la colère.

Dans mon expérience, ce n’est pas lui avoir exprimer un ressenti (le déclencheur) qui l’a mise hors d’elle, c’est le jugement, l’évaluation qu’elle en a fait (la cause)

La cause de notre colère est donc rattachée à notre manière de percevoir et d’interpréter la situation et non aux faits. 

Clarifier nos besoins 

Notre égo pointe facilement du doigt les agissements des autres et je crois que ces critiques sont souvent des demandes d’amour déguisées. De plus, critiquer les autres ne demande pas d’effort d’introspection. 

Lorsque nous exprimons notre colère à quelqu’un, nous provoquons la plupart du temps une réaction de défense de sa part. 

Il est important de découvrir les besoins insatisfaits qui engendrent notre colère et apprendre à les exprimer dans la bienveillance.

Cependant, il est parfois difficile de clarifier nos besoins quand nous manquons de mots. A l’aide de ressources littéraires sur le sujet ou bien avec l’aide d’un coach, il est possible de révéler nos besoins enfouis.

Voir l’opportunité qui se cache derrière la colère 

La maturité émotionnelle consiste donc à utiliser cette émotion à notre service. Au lieu de nous desservir par des comportements que nous regretterons possiblement par la suite. 

Accueillir sa colère et la considérer comme une opportunité d’apprentissage et d’éveil personnel !

C’est donc l’occasion de se décrypter et mieux se comprendre. De plus, lorsque nous sommes reliés à nos besoins, la colère se transforme en motivation pour les combler. 

Développer sa capacité de perception et d’agilité mentale

Le but est de nous sortir de nos automatismes et de mieux comprendre nos réactions. C’est une opportunité pour travailler sur nos enjeux et d’améliorer notre communication

Nous ne sommes pas nos expériences, nous faisons juste l’expérience d’une émotion éphémère. 

Exercice pratique

  • Souvenez vous de la dernière situation qui vous a mise en colère;
  • Identifiez quelles étaient vos pensées dans ce moment de colère puis écrivez les;
  • Trouvez le besoin sous-jacent; 
  • Définir l’enjeux à dépasser, c’est à dire ce qui vous empêche de combler votre besoin à ce moment précis;
  • Déterminez les ressources nécessaires qui répondront à ce besoin;
  • Adoptez l’attitude adéquate pour exprimer votre besoin.

Ce cheminement ne sera pas évident à instaurer au départ. Mais avec de l’entrainement, vous allez créer de nouveaux schémas de pensées et donc de nouvelles connexions cérébrales. En installant progressivement cet ancrage, vous serez en mesure de vous relier instantanément à vos besoins en situation de crise afin d’adopter une meilleure attitude pour vous faire comprendre.

Si vous désirez aller plus loin, je vous invite à découvrir le livre “Les ressources insoupçonnées de la colère” de Marshall B. Rosenberg qui m’a inspiré cet article.

Partager l'article
  •  
  •  

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *